Actuellement, le Tibet compte environ 5 millions d’habitants et c’est la région la moins peuplée de Chine avec une densité de 3,5 habitants par km2. Les trois quarts de la population sont regroupés au sud en raison de la douceur du climat.
La majorité
de la population est formée par l’ethnie tibétaine. Toutefois,
les Chinois forment une minorité de plus en plus importante en raison
de la politique de colonisation et de sinisation imposée par le gouvernement
chinois. Ils se concentrent dans les vallées du Tibet oriental. Il
existe aujourd’hui une importante communauté de réfugiés
tibétains au Népal, au Bhoutan et, surtout, en Inde. Ceux-ci
ont fui le Tibet après l’insurrection de mars 1959 et sa violente
répression par la Chine.
Les tibétains sont naturellement ouverts et accueillants mais étant donné que le Tibet est encore sous occupation chinoise, il y a en permanence des groupes de policiers en civil et qui sont chargés de surprendre les discussions entre tibétains et touristes occidentaux. Le moindre témoignage d’un tibétain sur les conditions de vie sous l’occupation chinoise donne lieu à des séances d’interrogations longues et musclées consacrées au tibétain mais également à toute sa famille. Donc il ne faut pas essayer d’interviewer des tibétains si on ne peut pas leur garantir toutes les conditions de sécurité. Les monuments principaux tels que le Jokhang, le Potala et surtout le Barkhor sont très surveillés et notamment les indicateurs chinois et tibétains ainsi que les hôtels pour occidentaux. On peut remarquer des caméras d’observation placées sur les toits donnant sur le Barkhor ou sur la rue principale. Ces caméras restent en activité permanente. Mais par contre ce qu’on ne peut pas voir, ce sont les micros directionnels qui sont capables d’enregistrer votre conversation dans la rue d’une manière très efficace. La surveillance est aussi présente pour le courrier sortant, les coups de téléphone et le téléfax qui est surveillé électroniquement.
Il y a 10 ans, un touriste s’est retrouvé face à un problème
avec la police chinoise du Tibet
Un touriste néo-zélandais en a fait les frais en septembre 1995.
Se promenant un soir dans Lhassa, et entendant une
explosion, M. Cotter, alpiniste et guide d'une expédition, a préféré
retourner à son hôtel pour ne pas être mêlé
à toute affaire locale. Devant partir le lendemain matin pour une ascension,
et pensant que le courrier n'arriverait pas à sa femme, il décida
de lui envoyer un fax depuis l'hôtel et mentionna simplement avoir entendu
ce qu'il pensait être une bombe. Il fut réveillé à
minuit par une dizaine de policiers, certains étant armés, et
n'eut pas l'autorisation de téléphoner à quiconque, ni
même de prévenir le responsable de son groupe. La police lui
demanda de quitter l'hôtel sans faire de bruit. Gardé 48 h au
poste de police, il fut filmé et dû faire une confession écrite
relatant qu'il avait inventé une histoire, déformé les
faits et répandu une rumeur afin de perturber les fêtes du 30ème
anniversaire de la Région Autonome du Tibet prévue les jours
suivants. Psychologiquement très affecté, personne de son entourage
ne sachant où il était, M. Cotter dû envoyer un nouveau
fax à sa femme démentant les informations précédentes.
Il passa 3 jours de plus en état d'arrestation au Holiday Inn et fut
ensuite expulsé le 9 septembre vers le Népal, par avion. Le
motif d'accusation porté contre lui fut d'avoir voulu « corrompre
le gouvernement, diviser le pays et renverser le système socialiste
». M. Cotter fut cité par le quotidien China Daily comme un exemple
de personne « déformant les faits, et répandant des rumeurs
pour désorienter les gens et mettre en danger la sécurité
de l'état, tactique habituellement utilisée par les forces occidentales
hostiles à la Chine »